Il y a un moment, j'avais lu sur Freenet un article sur "Comment sortir de la matrice ?", une petite bible ayant pour objectif de donner quelques conseils pour rester en dehors du troupeau, pour rester dans l'ombre, une bien belle idée.
Cela fait longtemps que je cherche à me détacher de ce à quoi on tend à se raccrocher naturellement, ce qui fait qu'on fait partie du troupeau sans s'en rendre compte : Les traditions.
Les traditions, c'est tout ce à quoi on assiste depuis l'enfance et qui nous semble au final naturel dans les comportements humains. Ce peut être de simples habitudes comme ce peut être des schémas de vie qu'on s'impose. Vivre de telle manière, faire ce type de projets.
Le plus typique, le plan de vie que chacun s'impose : Faire des études, trouver un bon boulot bien payé, se marier, avoir une maison, une belle voiture et des enfants.
Ce peut être des comportements nés d'une culture commune : se maquiller pour les femmes, ou s'épiler, et pour les hommes chercher à atteindre un modèle de virilité.
Être dégouté par d'autres comportements fait partie des traditions aussi. Par exemple, se maquiller, une femme trouve ça naturel, comme le fait de se faire une teinture. En revanche, se scarifier dans un but esthétique, ça ne viendrait même à l'idée de la plupart des femmes, c'est dégueulasse.
Les traditions évoluent aussi. Nos mères trouvent ça dégoutant que leurs enfants se tatouent ou se percent le corps. Mais notre génération trouve ça joli.
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Et si on vomissait sur les traditions ?
Je ne cherche pas en permanence à refuser les traditions, ou à accepter celles que mes contemporains refusent. Je ne suis pas plus adepte de la scarification qu'un autre, comme je ne trouve pas désagréable une peau féminine épilée.
Mais je cherche avant tout à ne pas dépendre de ces schémas, de ces habitudes, de ces modes de vie ou de pensée qui semblent la norme. C'est chaque société qui fixe sa norme, qui tend à s'étendre à l'échelle mondiale avec la globalisation.
Et vomir sur une tradition, c'est s'aider à s'en détacher, même si dans le futur on pourrait l'accepter. Ainsi, j'aime choquer le public, en affichant ma différence, même si je n'aime pas me faire remarquer. Et tant qu'on y est à raconter ma life, je n'ai pas du tout pour but de "gagner de l'argent en masse", je préférerais travailler à temps partiel et profiter de mon temps libre. De la même façon, faire des efforts pour être bronzé, pour avoir la dernière coupe ou la dernière fringue à la mode, très peu pour moi, je me contente de ce dans quoi je me sens le moins mal à l'aise. Si dans le futur j'ai l'occasion de vivre en nomade, je vivrais cette expérience avec le plus grand plaisir, même si je n'en ferais pas à priori mon mode de vie de toujours. Acheter une maison ? Pour le moment, je ne me sens pas prêt à m'enfermer là-dedans, être locataire permet d'être indépendant (du crédit), et vivre en ville permet de profiter des avantages du monde urbain (j'aime pourtant la nature sauvage). J'espère pouvoir me débrouiller toute ma vie avec les transports en commun et le covoiturage pour me déplacer, afin de me passer d'une voiture personnelle, et enfin j'essaie de me prémunir des grandes industries de l'alimentaire, en arrêtant notamment la consommation de viande.
Pour arrêter tout de suite les exemples tirés de ma vie dont tout le monde se fout, je dirais qu'il est extrêmement important de se démarquer de la tradition, afin d'avoir un regard plus critique sur ce qui se passe chaque jour. Ne pas être dans le troupeau, avoir du recul, regarder avec une perspective, c'est ce dont parlait Werber avec raison.
Vomir sur les traditions, c'est aussi prendre plaisir à observer l'oeil choqué du passant quand il voit votre manière de vous habiller, de vous comporter, de vivre. En choquant les gens, vous les poussez à réagir, pas forcément à réfléchir, mais au moins à bousculer le train train tranquille auquel ils aspirent.
Vomir sur les traditions, c'est se planter une aiguille à coudre dans la main pour vérifier si l'on ne dort pas, c'est détruire le moule dans lequel nous ont forgé nos parents, l'école, la télévision. C'est préparer notre mue, notre transformation, pour enfin cesser d'être une larve, et devenir un papillon.
mardi 17 février 2009
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2 commentaires:
Bien le bonjour ami inconnu,
Pour tout te dire, les blogs m'ont fait, me font et me feront probablement toujours chier. Je ne sais pas plus comment je me suis retrouvé sur le tien que pourquoi je l'ai lu, mais en tout cas je l'ai lu.
Points de vue fort intéressants puisque souvent identiques aux miens. J'avais d'ailleurs cherché les liens putrides entre peste noire et un quelconque nazisme, parce que comme n'importe quel connard refusant de penser qui se respecte, en lisant l'interview du cd je m'étais dit "aaaaaaah mais quels sodomites!". Et effectivement en lisant tes tergiversations j'ai revu mon jugement.
Revenons-en a la scatophilie traditionnelle. Je déplore une chose, c'est le bien fondé intellectuel de tes dires, et à côté de ça la difficulté apparente que tu as à les appliquer. Vomir sur lesdites traditions permet de découvrir ses réelles volontés, ses rêves enfouis sous des amas de faux désirs, donc toute personne s'en étant aperçu devrait devenir l'homme le plus heureux du monde... (ouai je te l'accorde c'est pas aussi simple)
Quoi qu'il en soit, ton désespoir quotidien semble venir du fait que malgré ta conaissance de tes réels désirs, t'as quand même conscience du regard réprobateur de la populace.
Alors, mes conseils ça vaut ce que ça vaut, mais préoccupe toi uniquement de toi même sans penser à leurs critiques.
Ta larve a beau s'être transformée en papillon, si sa notion de normalité et de beauté ont pas évolué, il se trouveras bien plus laid qu'avant.....
Merci pour ce commentaire. A vrai dire, je ne pense pas que mon malaise vienne de ma difficulté à ne pas me préoccuper de "la populace". C'est plutôt du au fait que je ne vive pas encore comme je l'entends. Mais cela viendra, en temps et en heure. Pour l'instant je subis encore ce que j'estime nécessaire.
Encore merci à toi.
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